Soutien scolaire: 2007-2008 et 2008-2009

13/07/2009 14:38 par noria-parentalité

Soutien scolaire au primaire

Au cours des années scolaire 2007-2008 et 2008-2009, j'ai participé, avec 8 ou 10 personnes du village (retraité, chômeurs, et, la première année, étudiantes de l'IUFM) au "soutien scolaire".

La première année, au Centre Inter-générationnel  de Rochefort, de 16h.30 à 18heurs, j'ai suivi la formule habituelle : après qu'elle avait goûté, faire lire Camille, l'élève de CE1 que la responsable m'avait confié,  l'aider à ses devoirs et enfin être sa partenaire de jeux de société. C'était un peu fastidieux mais j'essayais d'effectuer  la tâche pour laquelle je m'étais engagé :  , changer les rapports de l'élève à l'acte d'apprendre et à la matière scolaire, et en même temps changer les rapports de l'enfant à l'adulte enseignant - qui traite tpujours avec une vi ngtaine d'enfants. La première partie du contrat fut difficile à remplir dans la mesure où les matières des devoirs du soir n'étaient rien moins que motivantes et où les lectures étaient assez ennuyeuses : on fit donc des exercices de lecture, de divisions, de dictée. La seconde partie du travail fut plus facile: on s'entendait bien avec Camille, et elle m'offrit des chocolats à la fin de l'année, mais il n'était pas toujours possible de trouver la formule pour la maintenir dans la règle ou dans l'effort.

En fin d'année scolaire, il fut décidé de l'avis général, qu'il était bien difficile de s'en tenir à l'aide au devoir et qu'on devait proposer aux enfants une activité plus générale pour les éveiller et améliorer leur scolarité : des contes, un jardin ... ou du théâtre. Comme je faisais partie d'une troupe de Théâtre de l'Opprimé, je proposais mes service...

La seconde année, je prenais donc les enfants le lundi de 16h.30 à 18h. à la Salle Lacarrière de la Bégude, un lundi les grands du CM, le lundi suivant, les petits du CE1et CE2 [voir bilan ci-dessous].


Voici la liste des enfants , des enseignants et des volontaires pour l'année 2008-2009 :

ACCOMPAGNEMENT à LA SCOLARITE    / ANNEE 2008-2009



NOM PRENOM   CLAS ECOLE          INSTITUTEUR                       BENEVOLE

CHAOUI Ilyas     CP     ESE            Mme MARTINEZ             MME AUBERGIER    + Mr CARRET
MORENO Ang!le CP     PIE XII        Mme DE ST ORENS         MR DUBOIS              + Mr CARRET
BUCHACA Sophie CE1     ESE          Mr MUSIOLIK                 MME PASQUAL          + Mr CARRET
OZDEMIR Selim CE1     ESE            Mr MUSIOLIK                 MR DUBOIS               + Mr CARRET
PARIS Chiara CE1     ESE                Mme CLAUDON                MME AUBERGIER     + Mr CARRET
SAVOLDELLI Math"o CE1 ESE         Mr MUSIOLIK                 MME CASTELLE   + Mr CARRET
SEREMET Murat CE1 ESE                Mr MUSIOLIK                 MME PASQUAL      + Mr CARRET
DEBOURD Quentin CM1 VM              Mr GIOVANNANGELI      MR DUBOIS  + Mr CARRET
HEBRARD Camille CM1 VM                Mr GIOVANNANGELI      MME LASNIER  + Mr CARRET
MORENO Emilliene CM1 PIE XII       Mme ARNAUD                  MR MASSON
WOZNIAK J"r"my CM1 VM                Mr GIOVANNANGELI     MME LASNIER  + Mr CARRET
VEZIAN Laura CM2 VM                     Mr PHILIP                       MR MASSON        + Mr CARRET

T"l. ESE : 04 90 15 65 81
T"l. PIE XII : 04 90 31 72 03
T"l. VM : 04 90 15 65 79


Joseph Carret
Association Traces Compagnes
Maison des Norias
Route d’Avignon
30 650 Rochefort du Gard
Bilan de l’Accompagnement à la scolarité (Année 2008-2009)
ATELIER THEATRE ET PSYCHOMOTRICITE
                                        

Lors du bilan de l’accompagnement à la scolarité que nous avons effectué en juin 2008, il avait été décidé de créer un atelier général de contes ou de théâtre sur la moitié du temps de l’accompagnement à la scolarité.
      Cet atelier a fonctionné à La Bégude-Grand Village dans la Salle Maurice Lacarrière  pour deux groupes, celui des CM et celui des CE2.

Éléments négatifs
    Les horaires par quinzaine (groupe des CM une semaine ; groupe des CE2 l’autre semaine) n’ont pas permis d’instaurer une continuité sérieuse du travail , surtout qu’il s’agissait d’enfants qui manquent particulièrement d’attention. Cela a interdit en particulier la création pour la fin de l’année d’une présentation quelque peu conséquente des travaux.
    Nous avons eu du mal à trouver la place des bénévoles qui voulaient bien accompagner les enfants.
    Nous avons eu du mal à mettre en place un temps de goûter qui ne débordait pas sur les activités.

Éléments positifs
    Les enfants ont pu faire des exercices de concentration et d’attention en individuel ou en groupe, en immobilité ou en mouvements ;
    Ils ont pu faire un effort d’attention aux autres et aux consignes données au groupe
    Ils ont pu être attentifs à leurs propres gestes et postures ainsi qu’à leur schéma corporel
Ils appris à insérer les paroles et gestes issus de leurs imaginaires individuels dans des jeux collectifs ;
Ils ont pu inscrire leur invention poétique et narrative dans des créations collectives qui tenaient compte des inventions des camarades et des nécessités d'une logique narrative ou dramatique .


Conclusion : année d’essais assez probants, mais le travail, s’il est reconduit l’an prochain, nécessiterait une plus grande concertation avec les enseignants [ en particulier, depuis qu’ils assurent eux même le soutien proprement psycho-pédagogique dans les matières où les enfants sont le plus en difficultés.]
Accompagnement à la scolarité (Année 2008-2009)

Exemples de textes construits avec les enfants , généralement en fin de séance quand un calme relatif avait été acquis : ces textes ont fourni par la suite des situations sur lesquelles improviser

Groupe des petits (CE2)

Texte 1. Histoire d’animaux
Un chat, Théo, vit avec son épouse Manon.
Pas loin de là, habitent deux chattes et un chat.
La chatte Manon vient d’avoir un bébé.
Le renard essaye de manger le bébé : il a faim et il est méchant. Théo, le père, est peureux ; il a peur du renard ; alors il divorce et il s’enfuit.
Manon dit au renard : « Ne mange pas mon bébé et je me marierai avec toi  »
Le renard répond : « Je suis ami avec Théo et je ne veux pas t’épouser ».
En réalité, le renard voulait avoir le droit de dévorer le bébé.

Texte 2. :  Querelle au marché
Didier  et Roselyne vendaient de la viande dans un gros village. Un dimanche matin, une jeune femme arrive pour acheter du veau blanc.
Didier n’a plus de veau blanc et  veut lui vendre du porc à la place. Ils se disputent .
Comme Didier essaye de lui donner une claque la femme appelle les policiers.
Heureusement, arrive une amie de Roselyne. « Bonjour, je viens manger chez vous. Qu’est-ce que tu as fait à manger pour midi, Roselyne ? ».
Alors, comme la paix est revenue, le policier dit à Didier :  « Pour cette fois, ça va, mais la prochaine fois que tu donneras une claque, je te mets en prison » 


Groupe des grands (CM)

Texte 1 . Le retour du fils
C’est l’histoire d’ un roi très doux qui règne avec justice.
Son fils a dix ans (depuis quelques années, il est orphelin de mère car la reine est morte)
Le cousin du roi, un homme très sournois et très méchant, le déteste et veut lui prendre la couronne. Un jour, il invite le roi et son fils à une promenade. Sous prétexte de confier un secret au roi, il l’amène au bord d’une falaise. Là, il le pousse :  le roi tombe et se tue.
L’enfant a tout vu : il a peur et s’enfuit…
Il reviendra quelques années plus tard…avec des partisans…


Exemple de séance de théâtre-psychomotricité :Accompagnement à la scolarité
Lundi 23 février 2009 Groupe I


Précaution Générale :  demander aux enfant d’éviter les gestes parasites, de se concentre et de fixer leur attention pour suivre les consignes le plus fidèlement possible [ un moment sera dégagé avant les exercices d’expression dramatique pour le défoulement et la liberté d’imagination]

Le courant électrique : [cet exercice revient chaque fois que l’énergie du groupe « s’emballe »]
Les enfants en cercle se donnent la main ; un leader lance une impulsion à droite en serrant de la main droite celle du voisin
Ressenti de l’espace et des autres : marcher en occupant tout l’espace, avec « arrêt sur image »  à mon claquement de main  : marcher grand, marcher gros,  marcher petit, marcher très lent, les yeux fermés, marcher comme vous marcher d’habitude
1°- en faisant comme si les autres étaient pestiférés, contagieux, dangereux, méchants…d’abord en leur faisant mauvaise figure (« n’approche pas ! Reste loin, à bonne distance ) puis en étant soumis, obéissant…
2° en faisant comme si les autres étaient des amis, des fées ou des génies très gentils, en leur envoyant ( tout en marchant, et en restant le plus loin d’eux possible ) des signaux d’amitié, des saluts, des bisous….
La marelle (rythme): disposer les cerceaux au sol et sauter en mettant un pied dans chaque
Adresse-mémoire : deux groupes, les X et le Y en colonnes se font face à face
Chaque X passe le bâton à Y face à lui très lentement,
X et Y doivent être attentif en « photographiant » bien le geste pour s’en souvenir, trois fois ;
les autres regardent.
Il faut que X et Y soient capables de retrouver leur geste
-   idem avec le foulard : idem   ;
- idem avec la balle: idem
Le guide et l’aveugle : les X et les Y et réciproquement

Dramatique : Le lion tyran et les autres animaux
Chaque enfant « essaye » de mimer la démarche et l’attitude d’un animal ; au cours d’un défilé, on choisit celle ou celui qui se rapproche le plus……(si on a le temps : scène de jugement) .. ..Joseph Carret


Réforme Sarkozy: quel avenir pour nos enfants

31/01/2009 18:28 par noria-parentalité

Joseph Carret                                                                                   Rochefort le 26 janvier 2009
FCPE –Maternelle - Rochefort du Gard 30650
AFPS –Comité Palestine-Vaucluse
Maison des Norias –Route  d’Avignon
30650 –Rochefort du Gard
Aux membres du collectif Avignon -GAZA
Nous avons honoré la mémoire des enfants de Gaza, victimes de la barbarie sioniste. Mais pour nous, français de toutes origines, nous devons résister aux attaques d'un gouvernement indigne afin que nos enfants ne soient pas éduqués à tuer demain leurs prochain ou à subir l'autorité des tyrans en baissant la tête. Ce à quoi risque de conduire, lentement mais surement, sur le modèle américain ou israélien, la réforme annoncée du système éducatif.
Amitiés à tous

Aux membres de la FCPE du canton de Villeneuve lès Avignon
et d’Avignon, du syndicats enseignants et des partis politiques

Bonjour ,

Dans les débats sur l’école et la Réforme Darcos, il s’agit presque toujours de discussions de gestionnaires, comme si l’Education Nationale était une usine de voiture à sauver : mais nos enfants ne sont pas de la marchandise, ni non plus des machines à produire du profit…Ce sont des êtres de chair, de sang,…vivants... nos enfants.
D’autre  part, dans ces discussions, chaque catégorie de professionnels ou d’usagers considérant seulement les dégâts là où elle était touchée,  il manque très souvent une vue d’ensemble et du  coup la dangerosité du projet n’apparaît pas dans toute son ampleur. Je vais donc essayer de mettre en perspective dans un résumé l’ensemble des mesures qui menacent l’école de la maternelle à l’université.
Enfin, bien que j’ai demandé à un enseignant responsable national de Sud Education de « corriger ma copie » et que je ne conteste pas l’analyse que font les personnels du service public, je veux présenter ici le point de vue d’un parent.
Je vous propose de me répondre (avant le 29 janvier, date de la grève !!!???!!) pour m'apporter précisions, corrections, contradictions, etc. ...par réponse individuelle à  jocarret@free.fr  les messages courts de 4 à 5 lignes - comme sur un blog -, ou en donnant votre adresse d’e-mail , de blog ou de site pour des messages plus importants: je vous renverrai à tous ces réactions.
                                                                       Joseph Carret




Ce qui attend nos enfants dans les 3 prochaines années


Maternelle [réforme qui doit se faire dans les deux ans à venir au nom des contraintes européennes : suppression de l’École Maternelle]: rattachement de la 3° année à l’école primaire et, pour gagner des postes d’enseignants, transfert des deux premières années au collectivités locales, lesquelles, avec la participation des parents, financeront le dispositif –comme pour les crèches municipales…Pour le moment, mise en place d’un soutien dont on sait peu de chose…

Primaire  Réforme déjà mise en place - à la hussarde- à la rentrée 2008 sans concertation ni dialogue ni consultation des représentants légaux des parents ou des enseignants :

* pour gagner des postes d’enseignants, démantèlement des RASED  [Réseaux d’Aide Spécialisée pour les Enfants en Difficulté constitués par des spécialistes diplômés issus de l’Education Nationale, un psychologue, un éducateur et un enseignant qui intervenaient pendant les horaires scolaires avec un petit groupe d’enfants ou un seul enfant], un système qui fonctionnait bien, dans le service public (et donc gratuitement), en venant en aide quel que soit la nature du handicap : social, linguistique, familial, médical,… Tous ces spécialistes, leur talent et leur longue formation dédaignés et mis au rebut, iront reprendre une classe… quel gaspillage !

* suppression des cours du samedi et remplacement des heures « perdues » par du « soutien », sous prétexte que « les enfants en difficultés scolaires qui ne peuvent pas se payer d’heures de cours particuliers , de cette manière, pourront aussi  bénéficier d’aide » : en fait cette « aide », qui ne prend en compte que mathématiquement le nombre d’heures effectuées, est ingérable pour les directeurs d’école qui doivent l’organiser, ingérable pour les enseignants qui se trouvent pour ces demi-heures en plus le matin ou le soir en face d’élèves fatigués et non motivés, voire en refus scolaire, ingérable pour les municipalités et les parents obligés d’organiser des transports spéciaux…Pas étonnant que des centaines de directeurs et d’enseignants se soient mis en « désobéissance civile » par lettres signées de chacun où ils affirmaient leur intention de rester travailler en équipes le samedi pour préparer le travail des enfants...c’est qu’il n’est pas facile de contester l’arbitraire de notre ministre.

.* pour se mettre en grève, la procédure est lourde et dissuasive : il faut envoyer à l’Inspection une « déclaration d’intention de grève » ; l’I.A convoque alors les syndicats pour négocier ; si la négociation échoue les syndicats doivent déposer un préavis de grève 5 jours avant et chaque enseignant un avertissement nominal qu’il sera gréviste … si la grève a lieu, les enfants seront gardés par des personnels municipaux réquisitionnés non compétents pour s’occuper d’enfants.

* pour gagner des postes d’enseignants et de directeurs, les écoles seraient regroupées en Etablissement Public d’Enseignement Primaire, EPEP, gérés comme des collèges par un Conseil d’Administration avec un Directeur gestionnaire non enseignant .

* passons sur les programmes  et les méthodes réactionnaires, établis contre toute pédagogie digne de ce nom, pour faire des têtes « bien pleines » à des enfants non éveillés, soumis et bons consommateurs, qui tourneront  le dos aux valeurs essentielles de l’humanisme et de la république : liberté, égalité, fraternité mais aussi paix, culture, art, écologie.. .

      Pour justifier ce retour en arrière,  des comparaisons ineptes avec les pays étrangers sur des critères dissemblables ( la Corée du Nord dans le même sac que la Finlande )…                             et à la fin du premier semestre une évaluation nationale au CM2 à laquelle des enfants en cours de programme ne peuvent répondre que difficilement. Nos responsables voudraient casser notre système éducatif et le déprécier qu’ils ne s’y prendraient pas autrement.

* Enfin, pour être certain que nos enfants ne se rebifferont pas, il le fichier « base élève » a été mis en place dont on a retiré les critères les plus litigieux mais qui permet de saisir l’origine des enfants et auquel tout le monde –sauf les parent- a accès : la police, la mairie, …Pour bien préciser la nature de ce fichier, un indice : les directeurs d’école qui ont refusé de le remplir ont été sanctionnés par retrait sur salaire, dégradation dans la fonction,…

* À cette longue liste de mauvais coups, s’en ajoute un autre qui a des incidences sur les enseignants du primaire (professeurs des écoles) et sur le secondaire (professeurs), c’est la suppression des IUFM ( Institut Universitaire de Formation des Maîtres) et ce qu’on appelle la MASTERISATION des maîtres. Dans les IUFM, les élèves-maîtres étaient payés et assurés de trouver un travail à la fin de leurs 4 ans d’étude. Avec la Mastérisation, les étudiants non payés obtiendront au bout de 5 ans un diplôme qui leur donnera seulement le droit d’aller faire du porte à porte dans les établissements scolaires pour demander un poste…qu’on leur donnera à la tête du client, comme dans le privé. Les concours (CAPES , AGREG) ne donnent plus un poste, mais le droit pendant trois ans de postuler à un emploi via une bourse d’emplois spécifique.  

Secondaire :
* Dans les lycées professionnels, suppression du B.E.P sous le prétexte de s’adapter aux nouveau emplois, BEP  qui se passait en 2 ans après le C.A.P  et qui pouvait ouvrir parfois en 2 ans sur un Bac- Pro . Comme le CAP ou le BTS, le BEP était qualifiant, reconnu par les conventions collectives et correspondait à un salaire légal. Au lieu de cela, le BAC-PRO , qui ne fixe aucune obligation légale, permet que son titulaire soit embauché à n’importe quel tarif – d’autant plus que sa durée d’étude sera ramenée à  3 ans après le CAP au lieu de 4 actuellement, réduction qui sera vraisemblablement la source de nombreux échecs. Cherchez à qui tout cela profite !
* Dans les lycée généraux, où les protestations des lycéens ont fait reculer le ministre tant était visible sa volonté de casser le fonctionnement de l’Education Nationale, le travail des enseignants et  le Service Public; c’était désordre, impuissance et gestion insoluble annoncés. D’abord, les matières à connotation humaniste auraient été allégées : musique, art plastique, philosophie, histoire, … Surtout, l’année aurait été partagée en 2 semestres et les élèves auraient disposé d’une semaine entre ces deux  semestre pour changer d’orientation et s’engager dans un nouveau module, choix difficile puisque la catégorie des conseillers d’orientation était supprimée et remplacée au pied levé par des professeur sans formation pour ce travail  Grave dommage pour les COPsy qui disparaissaient mais aussi pour les enseignants dont l’emploi du temps n’était plus annualisé.
Le plus grave était la disparition du groupe-classe, socle des apprentissage et l’impossibilité d’organiser en deux moitiés d’années les centaines voire parfois milliers d’élèves d’un établissement.
Là non plus, aucune concertation, aucun respect : les lycéens et les enseignants ont appris oralement ce qui les attendaient, avec des textes de réforme donnés à la veille ou le jour des négociations.

L’enseignement supérieur et la recherche : ces deux structures seront  aussi l’objet de réformes draconiennes qui visent à les inféoder aux entreprises locales.

Conclusion : pourquoi ces coups portés au service public ?

* Pour « dégraisser le mamouth », dit-on,  économiser des postes et de l’argent ( pour quoi , ou pour qui cet argent ?)

* Mais aussi pourquoi instaurer d’aussi nombreuses zones de désordre et de gestion impossible (« soutien », »réforme »des lycées généraux, bac pro en 3 ans,…)?On peut faire deux hypothèses :
- ou bien c’est le résultat d’une précipitation, d’une impréparation, d’un trépignement à la mode sarkozienne qui passe largement par l’absence de concertation avec les personnels et les usagers
- ou bien il y a une volonté de déglinguer la machine « Education Nationale » afin qu’on soit obligé de demander de « l’aide » à quelque groupe privé qui déjà attend son heure.  [ N’a-t-on pas demandé aux présidents d’université de choisir dans son groupe d’appui de 3 ou 4 personnes un chef d’entreprise … si possible du Cac quarante]

* Et encore, pourquoi un tel mépris du civisme : des matières à penser, du groupe classe, mais aussi de la concertation citoyenne, du droit de grève,… ?

      *  Enfin, pourquoi un tel mépris de l’humain sous prétexte de rentabilité, une telle déshumanisation dans l’école (suppression d’un personnel qualifié pour les deux années de maternelles,  suppression de l’aide spécialisée des RASED, programme anti-humaniste des lycées, rafles Horteufeux d’enfants étrangers jusque dans l’espace scolaire,…) ?


Les parents n’ignorent pas qu’il leur revient très largement de donner à leurs enfants une éducation civique et humaniste, mais ils sont persuadés que pour l’enseignement de certaines valeurs comme le « vivre ensemble », la coopération, la solidarité, la démocratie, la laïcité et en général le respect de l’autre, l’école est absolument indispensable. Et c’est ce rôle qu’ils veulent qu’elle tienne.

Remarque de Sophie Patou FCPE Rochefort
Merci pour ce document synthétique et clair.
Ce n'était pas évident de s'y retrouver dans les réformes en cours et à venir.
La grève de jeudi est justifiée !
Je me permets cependant une petite rectification pour le BEP. : Le BEP n'est pas un diplôme qui se prépare à la suite d'un CAP. A la fin de la 3ème, on peut directement intégrer un lycée professionnel pour préparer un BEP (ou un CAP)
A la suite d'un BEP, on peut préparer un BAC pro en 2 ans.
Il est en effet question de supprimer les BEP (BAC pro en remplacement) mais certains BEP sont maintenus pour le moment .
Merci encore.
SP


Parents d'élève.....en questions....pour un théâtre forum

31/01/2009 14:05 par noria-parentalité

Joseph Carret Rochefort le 1 septembre 2008.


Parents d'élèves, éducateurs et enseignants en questions
Réflexion et débuts d’improvisation pour un théâtre forum

Pour résister aux coups dont fait l'objet le service public de l'éducation Nationale, pour lutter contre le découragement des instances éducatives, parents (pères, mères,..), éducateurs et enseignants et pour aller dans le sens d'une plus grande consciencisation des citoyens sur la nécessité de revendiquer une école de qualité, il semble qu'un travail de théâtre forum puisse être utile.
De mon temps, quand Augusto était encore jeune, et moi aussi, le théâtre forum – comme le théâtre invisible- était utilisé au Brésil et en Italie par les groupes opprimés pour conscienciser les hommes et les femmes et se renforcer contre l'oppresseur, essentiellement les grands propriétaires terriens : des acteurs " jouaient " une première fois des situations d'oppression devant un public ; ensuite, ils rejouaient une seconde fois la scène et là chaque spectateur avait le droit de ne pas être d'accord avec le comportement ou la stratégie qu'avait développé un opprimé pour améliorer sa situation ; il venait sur la scène proposer une autre façon de faire évoluer la situation ( le personnage remplacé était gardien de la fidélité qu'on devait respecter quant à la logique par rapport à sa position socio-politique : un sacristain, ou un mendiant, ne pouvait pas proposer des solutions que seul le maire ou un élu pouvait mettre en œuvre …sinon son action était taxé de " magique " et refusée). Les situations d'oppression étant souvent moins simples et claires que celle des sans-terre, les opprimés étant souvent oppresseurs – même s'il ne s'agit pas du même niveau socio-politique - le théâtre de l'opprimé a un peu trop vite laissé la place au théâtre-forum qui a pour fonction essentielle d'analyser les conflits et, sans violence, de les réduire en rendant possible le dialogue…
La situation du système éducatif et de ses acteurs me semble relever de l'une et l'autre forme de théâtre : il y a une oppression patente contre laquelle il faut lutter mais, pour assumer cette lutte, les divers oppresseurs-opprimés devraient faire le ménage dans leurs conduites et dans leurs explications ou justifications.

Comme nous ne voulons pas seulement enfoncer des portes ouvertes en accumulant les lieux communs et les récriminations habituelles mais au contraire établir un véritable dialogue avec les publics concernés pour connaître leurs difficultés et leurs propositions, nous nous donnerions jusqu'à la fin de l'année, décembre 2008, pour " consulter " les parents et enseignants volontaires comme on l'a déjà fait avec certains groupes comme Solidarité Paysans. Pour ne pas nous éloigner d'une approche socio-politique, nous passerions pour cette consultation par les associations de parents et les syndicats d'éducateurs ou d'enseignants.
Parce que, pour travailler, il faut bien que quelqu'un commence, moi qui suis très très ancien dans le métier d'enseignant et dans la situation de parent, je me lance en donnant une proposition à discuter, perfectionner … : je pense qu'il faudrait, avec le grossissement théâtral et une distanciation intelligente, essayer de renvoyer à ceux qui se sentent concernés par l'éducation des enfants l'image de leurs manques et impossibilités, de leur découragement, désespérance, résignation ou démission ; Non pour les culpabiliser, ce qu'ils se font souvent les uns les autres mutuellement en tentant de se défausser de leurs responsabilités, mais afin de susciter dans le public des propositions pour améliorer la situation ou au moins rendre plus fluides les négociations si souvent grippées entre usagers et professionnels.
Au centre de chaque saynète, présent physiquement ou non, je vois un(e) gosse écœuré(e) en état de démotivation molle ou de révolte dure, entouré(e) d'adulte qui se chamaillent.

Saynète I : la mère découragée (peut-être la mère d'un enfant jeune, de maternelle ou de CP)
S'adressant à une amie, à un enseignant ou psychologue scolaire, éventuellement au père lui- même qui fera profil bas et restera presque silencieux, elle dit :
" Si ça va pas , le gosse, c'est la faute au père qui est présent en pointillés, qui passe selon son humeur de la fête ou de la rigolade à l'engueulade colérique et qui me laisse finalement à moi le suivi permanent, la cohérence et la responsabilité de l'éducation de l'enfant…
C'est la faute aux institutrices aussi, surtout les jeunes femmes: elles se laissent impressionner par les circulaires – généralement pondues par des hommes- , ou par les inspecteurs et autres conseillers pédagogiques, et elles mettent la pression aux enfants pour leur apprendre des notions codées, normées, qui ont trait au boulot ou à l'économie. Au lieu de cela, elles feraient mieux de leur inculquer des valeurs comme la recherche du bonheur, le vivre ensemble, le bien commun, comment coopérer, être calme et bien dans ses pompes, comment prendre la parole,…Quoiqu'il en soit, il/elle revient le soir avec une violence qu'on a du mal à réduire et que n'expliquent qu'en partie les huit heures passées enfermé à l'école et la vie en collectivité.
Il y a des moments je baisse les bras… "

Saynète 2 : le père découragé (peut être père d'un enfant au CM )
Pour qu'il y ait dramatisation, duel, et surenchère, peut-être ce personnage de père pourrait-il être dédoublé : d'un côté, un papa poule libéral... ex soixantehuitard qui s'interdit d'interdire quoique ce soit à son enfant-roi et de l'autre côté, un papa autoritaire voire fouettard qui , bien qu'il ne reconnaisse que difficilement, ne réussit pas beaucoup mieux à garder sa progéniture dans le droit chemin. Entre les deux, qui n'intervient pas mais n'en pense pas moins - pour l'instant- un enseignant. En attribuant à chacun ce qui leur convient le mieux, voici la teneur de ce qu'ils pourraient dire :
" Sans parler des préoccupations qui me prennent la tête depuis qu'il y a des menaces de licenciements, mon travail, mes moments de délassement et mes engagements de citoyens ne me laissent guère de disponibilité : donc, pas de temps pour m'occuper du gosse, pas de temps pour me "former" et apprendre mon métier de père, mon rôle de père, rôle qui devient de jour en jour plus complexe et plus difficile. Je ne sais pas m'occuper de lui : je ne me sens pas de faire copain copain avec lui, pas plus que j'ai envie de jouer le dresseur de caniche ou le père fouettard.
Et puis, il y a sa mère, qui m'a bien délaissé depuis que le petit est là ( pour ne rien dire du boucher qui tourne sans cesse autour d'elle avec ses escalopes en promotion). Sa mère qui, à force de s'occuper tout le temps de l'enfant, est bien plus attractive que moi : d'ailleurs, il n'y a qu'à voir, c'est toujours elle, sa maman, qu'il demande quand il s'agit de partager ses peines et ses joies ou pour un conseil.
D'ailleurs, même l'école est plus attractive que moi : à l'école, on apprend, on réalise, c'est sérieux, à cet âge on croit ce que dit le maître ; et puis, on joue, il y a du ludique à la portée d'un élève de CM, sous le regard juste assez distant de l'instit. plus ou moins remplaçant, qu'on ne verra peut-être plus l'an prochain, et dont la surveillance en survol laisse finalement aux enfants qui y mettent quelques formes le plein exercice de leurs libertés fondamentales…
Depuis peu, je l'ai remarqué, il y a encore pire : le môme a découvert les joies fraternelles de la bande… alors, papa, cause toujours !
Que me reste-t-il, à moi, pauvre père ? Dans les moments de grâce, jouer comme un gosse avec mon fils/ma fille ? Ou bien, quand la mayonnaise déborde, " intervenir ", jouer les brigades d'intervention en faisant parade ou usage de ma force ? Mais dans ces actes, comment espérer être reconnu ? Ou bien, père incognito, dois-je aller ailleurs chercher ma place ?
Mais là, je n'en peux plus… "

Saynète 3 : l'enseignant(e) découragé(e)
L'enseignant, au cours d'un repas ( arrosé ?) se livre ; il discute avec son épouse et avec son grand fils qui est au chômage... survient un collègue qui vient l'inviter à faire grève. La teneur de la scène serait à peu près :
" Pris dans le réseau de contradictions auquel je me trouve confronté, aucun être humain sain d'esprit, digne et raisonnablement insoumis ne saurait subsister.
Il y a d'abord la demande pressante et contradictoire des parents. d'un côté, sans compter les allumés, demande des parents qui ont lu Steiner, Montessori ou Freinet et qui continuent de croire que l'Éducation Nationale est un service public chargé d'enseigner gratuitement les valeurs humanistes et les voies du bonheur par la coopération , au moins par le vivre ensemble – " tayouch " comme disent les Israéliens pacifistes -. D'un autre côté, demande d'autres parents qui veulent que leurs enfants bénéficient de leurs ambitions frustrées ou de leur arrivisme triomphant – encore que les enfants de ces derniers ne fréquentent pas souvent l'école publique- : il faudrait accumuler les apprentissages, acquérir l'anglais du commerce dès le CP et le français des secrétaires dès la 4°, sauter des classes, ingurgiter des savoirs, jusqu'à l'anorexie, l'eczéma, la dépendance compulsive ou la révolte. Comment trouver une voie moyenne entre les deux ... et d'ailleurs cette voie tiède et triste a-t-elle un intérêt?
Par dessus le marché, le système éducatif a lui aussi ses contradictions que nous autres, au bas de la chaîne, prenons de plein fouet dans la face.
L'Éducation Nationale, par ses successifs ministres, réformes, ajustements et circulaires n'a d'autre fin depuis Jules Ferry que la colonisation des régions, le rabotage des particularismes et la mise au pas des personnalités fortes ; pourtant elle entretient le mythe de la réussite individuelle et l'idéologie de l'ascension sociale par l'école, s'appuyant pour cela sur quelques exceptions qui confirment la règle : quelques « beurettes » ou garçons d'extraction modeste, mais cependant dociles, obéissants et " intelligents " n'ont-ils pas réussi à se hisser au rang de ministre ou de secrétaire d'état.
De même, d'un côté, pour une plus grande adaptation du système éducatif aux lois du marché, on assiste non seulement à une déréglementation tout azimut et à un désinvestissement financier de l'état mais aussi à une intégration progressive des instances éducatives dans le mouvement international de privatisation, avec concurrence entre les écoles et bientôt entre les maîtres, stage en entreprises des chefs d'établissement, …etc. . Mais d'un autre côté, on subit de plus en plus un certain dirigisme d'état à la main très lourde, aussi bien en ce qui concerne les programmes scolaires que la surveillance par fichiers des parents et enfants.
Autre contradiction qu'il nous faut assumer : d'un côté des enfants-rois, "sauvageons" aptes à toutes les incivilités, qu'on éduque au libéralisme, d'un autre les bulles pontificales ou non, oukases et autres fatwua que produisent urbi et orbi des instances religieuses intégristes ou des partis politiques "conservateur" xénophobes jusqu'à l'inceste et réactionnaires dans tous les domaines moraux qui ne touchent pas aux lois du marché.
Enfin, depuis que l'école publique s'est "démocratisée" et ne produit plus guère que des livreurs de pizza, elle n'a plus rien à faire des valeurs humanistes rejetées comme " rétrogrades ". Et peut-être sont-elles effectivement rétrogrades quand elles sont imposées autoritairement ou assénées en négation des situations réellement vécues ( allez donc "enseigner" la paix, sans le secours d'une religion anesthésiante, dans une région ou dans des groupes sociaux dont les travailleurs sont sacrifiés aux impératifs de la mondialisation). Par contre, ces valeurs humanistes, véritables produits de luxe au même titre que les beaux arts ou la musique classique, continuent à être dispensée dans des établissements payants qui ont en charge de former les décideurs de demain : ils doivent savoir argumenter sur ces choses là - et éventuellement sur les choses de la religion - pour pouvoir être obéis sans rouspétance. Ainsi par exemple, on arrive à nous expliquer ce mot d'ordre général, véritable grimace philosophique : " apprendre plus pour travailler plus " et donc, pour les enfants et leurs maîtres, " travailler plus pour apprendre plus "…
Ne parlons pas de l'enseignant qui aurait des velléités de résister, on peut lui rappeler par des prélèvements sur son salaire ou des déplacements d'affectation que faire grève ou résister peut se payer très cher.
Alors, vous savez, moi je réponds oui à tout le monde et je me débrouille pour faire à peu près ce que je veux…d'ailleurs, je me sens moins malheureux depuis que j'ai pris connaissance de la situation des éducateurs : chez nous, dans l'Éducation Nationale, c'est pas trop clair, mais eux, par exemple, avec EDVIGE, ils vont être obligés de ficher les enfants polissons comme délinquants dès l'âge de 13 ans...
Faut s'accrocher…."

Saynète 4 : ensemble avec RESF, parents et enseignants se retrouvent ensemble à lutter contre l'expulsion d'une petite Malienne de CE2 par les pouvoirs publics. Chacun propose une solution ...arrêt sur image (Cf. ci-dessous ).

Rappel des règles du THEATRE FORUM théâtre forum: on joue la saynète une fois, puis, lorsque on la rejoue une seconde fois, chaque spectateur peut intervenir, monter sur scène et proposer une meilleure stratégie pour améliorer la situation de l'opprimé.

conte à la crèche

14/01/2008 16:22 par NORIA-PARENTALITE

  • conte à la crèche

    conte à la crèche

    14/01/2008 16:22 par NORIA-PARENTALITE

Le papa de Pauline raconte son expérience avec les Petits Loups de Rochefort.

   [article publié par Christian Conil dans le journal La Provence du 10 janvier 2008  " www.laprovence.com ]: Après que j'ai répondu à ses questions, Christian  a écrit l'article et me l'a envoyé pour mini-corrections et approbation.

La crèche est un lieu de socialisation de l’enfant. Il apprend les règles de vie en collectivité et découvre le monde avec une dizaine d'enfants de sa classe d'âge et avec une équipe d'adultes. Il se frotte à la réalité, il se structure, il compose avec cet environnement. La crèche est aussi un lieu de rencontre parents-enfants qui permet de dédramatiser certains problèmes souvent liés à l'évolution normale de l'enfant ou à l’arrivée d’un petit frère ou d’une petite sœur. Ces échanges sont profitables pour éviter aux parents de ruminer inutilement des questionnements qui perturbent la vie familiale...



[ Modifier l'image - Supprimer l'image ]



Lorsque Pauline était à  la crèche, j’allais tous les lundis raconter des histoires. J’arrivais avec mon panier à histoires rempli d’oiseaux découpés dans du contre plaqué, de chevaux et autres objets poétiques ramenés de voyages .  J’ai reçu un très bon accueil de la part de la Part de Christine Coustalat et de son équipe qui mets tout en œuvre pour apprendre aux enfants à bien vivre et à bien vivre ensemble. Même si je trouve que ces structures manquent généralement de personnel masculin, je regrette surtout l’absence de naturel dans les jouets mis à leur disposition, comme des planches, de la ficelle, des cartons.... Il y a, à mon goût, trop de plastique estampillé sans risque, trop de préfabriqué déjà normé. A mon sens cela ne laisse que peu de place à la découverte et l’imagination " témoigne Joseph Carret.

                                    J'ajoute une ou deux remarques qui me paraissent importantes 

                                                                           et qui ne sont pas apparues dans l'article:

* à la crèche, l'enfant s'initie aux pratiques de la socialisation (stratégies d'approche et d'évitement, manifestations de l'attirance et du rejet, équilibre entre les prises de pouvoir et les soumissions, découverte de la conséquence de ses actes et de ses "responsabilités". Il fait cela d'une part avec ses pairs, avec le groupe horizontal de sa classe d'âge - comme les enfants de certaines sociétés dites primitives - . Il fait cela, d'autre part, avec une équipe d'adultes. Cela est très différent de la garde chez une nourrice : là, il est confronté à une seule personne généralement féminine et à un groupe assez réduit d'enfants d'âges différents, groupe vertical qui reconstitue en quelque sorte la famille.

* Je pense qu'à la crèche les parents peuvent dédramatiser - ou apprécier - certaines situations en voir comment d'autres enfants se comportent avec leurs parents et comment d'autres parents  se comportent avec leurs enfants. Mais ces contacts sont trop rapides et on souhaiterait parfois des lieux ,comme il en existe dans les "Maisons Bleues" par exemple, où soient accueillis pour une ou deux heures autour d'activités simples, les jeunes enfants et leurs parents.

analyse des conflits par Georges Corm

05/10/2007 21:31 par noria-parentalité

Si j'ai choisi le compte rendu de cette conférence pour mon Blog Education, c'est que les propos de Georges Corm peuvent éclairer les pratiques éducatives sous plusieurs jours                                                                                                 :

1.comment essayer de ne pas proposer aux enfants une approche trompeuse des conflits, tant dans l'enseignement ou les remarques sur l'Histoire passée ou contemporaine que pour la compréhension de phénomènes conflictuels plus proches - dans la famille, entre amis, ...

2.comment, pour l'éducateur,  éviter des comportements désastreux car fondés sur une appréciation fausse des causes du conflit ou du refus, tant pour les "sauvageons" coutumiers des incivilités que pour nos enfants "sages".

3.comment apprendre à l'enfant et au jeune - et pour commencer, à l'adulte - à ne pas se laisser enfermer dans des raisonnements aussi faux et des causalités aussi culpabilisantes .

 

 


 

 

 Conférence de Georges Corm

à    Rencontre et débat le 27 septembre 2007

 

sur une analyse profane de la situation au Moyen-Orient

G.Corn propose une approche épistémologique qui ne soit pas

  • une approche théologique, métaphysique, où les conflits sont décrits en termes transcendant, ce qui n’était pas le cas à l’époque de Nasser ou de Boumediene…ce qui n’est pas de l’analyse mais de la stratégie [ les Etats-Unis, particulièrement avec Carter, ont joué du religieux pour abattre l’URSS, on sait où cela a conduit ]. À noter que l’archétype monothéiste des religions d’Abraham, surtout comparées aux grandes religions polythéistes d’Orient, renforce l’aspect autoritariste, hiérarchique et totalitaire de la dimension religieuse.
  • une approche binaire , avec l’empire du bien contre l’axe du mal
  • une approche essentialiste et anthropologique : les serbes, les grecs, …avec des entités qu’on qualifie de caractéristiques fixes
  • une approche avec survalorisation de la communauté internationale – des nations – et de la loi qu’elle dicte : à noter que l’application du droit international est si mauvais que cette loi est complètement discrédité [on demande aux Palestiniens d’être démocratiques mais ont frappe d’embargo le pays parce qu’il a voté pour le Hamas ; au Liban Sud, bien que le Hamas ait fait preuve d’un civisme et d’une retenue exemplaires tant contre les collaborateurs d’Israël que contre le gouvernement fantoche de Signoria , on ne rembourse pas les dommages de guerre mais par contre on propose aux combattants de remettre leurs armes].
  • un vocabulaire aseptisé : " guerre propre ", " dommages collatéraux ", " conflit de haute ou de basse intensité ", " hyperpuissance " au lieu d’impérialisme.
  • notion d’ennemi massif et théorie du complot : Après la fin de la guerre froide et la chute du Mur de Berlin, on espérait la paix ; en fait une multitude de conflit éclata, mais les USA et l’Europe continuèrent de tenir le même discours sur UN ennemi massif et un complot ( juif sous Zola, bolchevique après 40, aujourd’hui islamo-fachiste ( et aussi celui des lobbys pro israéliens aux USA).  : Après la fin de la guerre froide et la chute du Mur de Berlin, on espérait la paix ; en fait une multitude de conflit éclata, mais les USA et l’Europe continuèrent de tenir le même discours sur UN ennemi massif et un complot ( juif sous Zola, bolchevique après 40, aujourd’hui islamo-fachiste ( et aussi celui des lobbys pro israéliens aux USA).

Il faut une approche des conflits qui soit :

  • contextualisée
  • multifactorielle : pas d’approche binaire et de causalité unique [un conflit est le résultat d’un besoin interne de l’état qui déclenche les hostilités ; la guerre du Liban, la guerre d’Espagne, etc …, provient de facteurs internes et de facteurs externes qui s’ajoutent à une causalité multifactorielle ; dans une vision binaire et avec une causalité unique, on a un coupable unique, par exemple Saddam Hussein, lui et sa communauté sunnite , ou bien Milosévitch et les Serbes ]  : pas d’approche binaire et de causalité unique [un conflit est le résultat d’un besoin interne de l’état qui déclenche les hostilités ; la guerre du Liban, la guerre d’Espagne, etc …, provient de facteurs internes et de facteurs externes qui s’ajoutent à une causalité multifactorielle ; dans une vision binaire et avec une causalité unique, on a un coupable unique, par exemple Saddam Hussein, lui et sa communauté sunnite , ou bien Milosévitch et les Serbes ]
  • qui évite l’emploi du terme " civilisation " - terme hérité de la colonisation - car cette notion ouvre sur le retour du religieux : ainsi est-on arrivé à la notion de " terrorisme transnational ". Les notions de religion, d’ethnie, de culture, et de civilisation –surtout assortie de la notion de démocratie – permet de " barbariser " l’ennemi et, pour le cas de Saddam Hussein par exemple [ ou du Hamas d’après les élections en Palestine], de lui imposer l’embargo - terme hérité de la colonisation - car cette notion ouvre sur le retour du religieux : ainsi est-on arrivé à la notion de " terrorisme transnational ". Les notions de religion, d’ethnie, de culture, et de civilisation –surtout assortie de la notion de démocratie – permet de " barbariser " l’ennemi et, pour le cas de Saddam Hussein par exemple [ ou du Hamas d’après les élections en Palestine], de lui imposer l’embargo
  • qui évite aussi le glissement vers l’argument génétique : " Au Liban, de tout temps, ces communautés se sont détestées " : non, les gênes des uns et des autres ne rendent pas le conflit inéluctable.  : " Au Liban, de tout temps, ces communautés se sont détestées " : non, les gênes des uns et des autres ne rendent pas le conflit inéluctable.
  •  

Georges Corn se dit nostalgique des républicains français de 1789. Ceux que Furet a essayé de discréditer en les mettant au commencement de tous les totalitarismes (Roussseau = Staline, etc…) ; or l’archétype de la Terreur en France, pour lui, ce n’est pas LA Terreur, ce sont les guerres de religions.

Georges Corn revendique d’être un " politologue classique " et, pour lui, on doit étudier d’abord la démographie, l’économie, … et ensuite seulement, la religion, la culture,…et autres catégories résiduelles.

  • causes démographiques : soit l’exubérance démographique qui pousse à revendique un espace vital (Allemagne, Israël,…) soit la hantise du déclin démographique et la peur d’être submergé (chute de l’Empire Romain, Péril Jaune, …)  : soit l’exubérance démographique qui pousse à revendique un espace vital (Allemagne, Israël,…) soit la hantise du déclin démographique et la peur d’être submergé (chute de l’Empire Romain, Péril Jaune, …)
  • causes économiques : par exemple, quand on sait comment les bénéfices du pétrole sont partagés, on comprend que la revendication de la charria ressortisse à une demande de justice  : par exemple, quand on sait comment les bénéfices du pétrole sont partagés, on comprend que la revendication de la charria ressortisse à une demande de justice
  • absence de bon sens géographique :

    • Cf. Napoléon qui va jusqu’en Égypte pour essayer de couper la route des Indes aux Anglais.
    • Cf. la contestation des lointains USA du droit de la Russie à accéder à la Méditerranée toute proche.
    • Cf. l’Iran qui, par son importance devrait avoir autour d’elle, en Irak ou Arabie Saoudite par exemple, une influence que les USA ont prise, USA dont on s’aperçoit, derrière leur agitation militaire, que leurs troupes, et leur satellites d’Arabie Saoudite et de Pakistan, entourent en vérité la Chine et le Russie .
    • Cf. l’erreur des israéliens au Liban en 2006 de croire qu’occuper le ciel , c’est occuper la terre.
  • " transfert d’hostilité " : les juifs victimes de l’holocauste ne vont pas se défouler sur les allemands mais sur les arabes des environs  : les juifs victimes de l’holocauste ne vont pas se défouler sur les allemands mais sur les arabes des environs
  • les catégories résiduelles (religion, ethnie, ...) ne servent qu’à faire de la démagogie : le terrorisme est " justifié " par des phrases du Coran ou de Karl Marx mais en fait, il a ses causes propres. Quant aux discussions sur le voile , combien de stratégies tortueuses ont-elles dissimulé !

Conclusion : Quand on sait comment les médias , et la recherche académique également, proposent des approches qui ont d’autant plus de succès qu’elle sont simplistes , binaires, toujours au service de propagandes,

Quand on sait que dans les périodes de crise de l’autorité, l’idéologie autoritariste et hiérarchique se met en place, ouvrant sur le retour du religieux,

Quand on sait à combien de génies l’Europe, et le France en particulier, ont donné naissance, on s’étonne que leurs opinions publiques se laissent prendre à ces tromperies grossières

Je pense qu’il conviendrait de fonder un observatoire des conflits et aussi de promouvoir un pacte laïque international.

 

 


 

 

 

Jeudi 27 septembre 20h30 Salle Benoît XII, rue des teinturiers, Avignon

Avec Georges CORM,Economiste, spécialiste du Moyen-Orient et de la Méditerranée, consultant auprès d’organismes internationaux et d’institutions financières. Il a été ministre des finances du Liban durant les années 1999 – 2000. Il est actuellement Professeur à l’Institut des sciences politiques de l’Université Saint Joseph de Beyrouth. Outre les ses travaux d’économie, il est aussi l’auteur d’ouvrages et à caractère historique, politique et sociologique sur le bassin méditerranéen et le Proche-Orient arabe dont Le Proche-Orient éclaté 1956-2007, Collection folio histoire, 2007 (cinquième édition, refondue, mise à jour et augmentée) La question religieuse au XXIe siècle. Géopolitique et crise de la postmodernité, La Découverte, 2006 ; Le Liban contemporain. Histoire et société, La Découverte, 2003 et Orient-Occident. La fracture imaginaire, La Découverte, 2002UNE APPROCHE PROFANE

DES CONFLITS DU MOYEN-ORIENT    On peut estimer que l’analyse profane des causes des conflits tend à disparaître du champ de la connaissance académique, laquelle se concentre de plus en plus sur des phénomènes désignés à tort comme retour du religieux ou de l’ethnique et qui servent de clé d’explication majeure des conflits et des guerres. Aussi peut-on appeler, aujourd’hui, analyse profane, celle qui réfute l’approche des conflits par l’anthropologie religieuse ou ethnique, par la désignation d’un facteur unique ou d’un coupable unique du conflit. Cette approche cherche à rétablir une connaissance des causes réelles des conflits qui ont leurs racines dans l’histoire des différentes sociétés, histoire toujours complexe et qui ne se prête à aucune simplification.

En espérant que cette conférence pourra vous intéresser, je vous adresse mes sentiments les plus cordiaux.                                                                             Jean-Pierre GLASSER    

 

contes du bateau

30/08/2007 20:43 par NORIA-PARENTALITE

  • contes du bateau

    contes du bateau

    30/08/2007 20:43 par NORIA-PARENTALITE

Contes du bâteau

 

Les belles rencontres que fait Jonathan sur la mer

 

 

Il fait déjà grand jour et Jonathan se promène en prenant l’air dans le jardin du château. Mais comme la Princesse Myriam ne se réveille toujours pas, il décide d’aller faire une promenade sur son bateau.

Son bateau vert et bleu est très beau, beau comme un oiseau, beau comme cet oiseau qu’on appelle le chasseur d’Afrique : c’est son pépère qui l’a construit.

Les vagues roulent, font des galipettes et dansent comme de petites folles. Jonathan respire l’air qui sent bon le sel, il est bien.

 

 

Jonathan rencontre le singe et Monsieur Tortue

 

Soudain, là-bas, à l’horizon, qu’est-ce qu’il aperçoit ?

C’est Monsieur Tortue qui nage en portant sur son dos un singe.

" Monsieur Tortue, crie Jonathan, où t’en vas-tu avec ce singe sur le dos ? 

- Nous allons au pied de ces rochers que tu vois: il y a là un figuier qui donne des figues succulentes. Mon ami le singe monte dans l’arbre et cueille les figues, une pour lui, miam ! miam ! une pour moi, plouf ! plouf ! qu’il me lance dans l’eau pour que je l’attrape.

- C’est bien , dit Jonathan à Monsieur Tortue, toi tu transportes le singe et lui, il cueille des fruits pour toi. Continuez ! Bon appétit à tous les deux et au revoir ! " 

Et Jonathan s’éloigne sur son bateau.

 

 

Jonathan rencontre les dauphins

 

Soudain, là-bas, à l’horizon, qu’est-ce qu’il aperçoit ?

Ce sont de grands poissons très lourds et très agiles qu’on appelle " dauphins " : ils sautent hors de l’eau comme pour attraper les oiseaux qui passent.

" Dauphins, grands dauphins bleus, crie Jonathan, pourquoi sauter vous si haut ?

- C’est parce que nous jouons à celui qui nagera le plus vite et qui sautera le plus haut ".

Pour les remercier du spectacle, Jonathan va chercher un grand seau plein de petits poissons qu’il lance en l’air l’un après l’autre : les dauphins, pour les attraper, sautent encore plus haut.

 

Le phare éclaire les rochers

 

Mais voilà que la nuit peu à peu tombe, il fait tout noir, on n’y voit plus rien. La lune et les étoiles se lèvent et brillent, mais il ne fait pas encore assez clair pour voir les rochers qui risquent de briser le bateau…Heureusement, une lumière s’allume là-bas à l’horizon et se met à tourner : comme elle est belle, c’est un phare !

Jonathan arrête le bateau et va dormir pour se reposer…

 

 

Quand il se réveille, le soleil se lève, tout rouge sur l’horizon, et commence à monter dans le ciel. Ce qu’il voit étonne beaucoup Jonathan : sur la mer, il y a une chose haute comme un arbre et très grosse, on dirait une montagne… et ça nage. Et oui ! c’est une baleine !

 

 

Jonathan rencontre une baleine qui l’avale

 

Jonathan regarde, bouche bée. Pour mieux voir, il se penche par dessus bord, se penche, se penche… et plouf ! tombe à l’eau . En le voyant, la baleine ouvre une bouche immense, grande comme une grotte, ça fait un trou énorme où les vagues se précipitent….

Et c’est ainsi que la baleine ouvre la bouche et avale Jonathan.

Dans le ventre de la baleine, Jonathan trouve que c’est comme une maison : il y a une sorte de table où manger, une sorte de chaise pour s’asseoir et un endroit pour dormir : comme il n’a rien d’autre à faire, Jonathan dort longtemps. Pendant ce temps, la baleine nage. Vite, vite, elle avance. Très vite, elle nage, nage… et comme ça pendant trois jours et trois nuits.

 

[Chanson : les petits poissons qui sont dans les eaux…]

Enfin la baleine arrive devant une petite île verte. Et là, savez-vous ce qu’elle fait ? Elle recrache Jonathan sur la plage.

 

 

 

La grande aigle blanche sauve Jonathan

 

Jonathan est couché sur le sable. Autour de lui, il voit toutes sortes d’animaux qui semblent vivre en paix entre eux : des tigres et des gazelles, des loups et des biches, des renards et des corbeaux, des cigales et des fourmis…Mais pas d’homme, pas de femme, pas d’enfant : personne !

Alors Jonathan se met à pleurer et appelle au secours :

" Qui m’aidera à partir d’ici, qui m’aidera à quitter cette île et à retrouver Myriam ma sœur chérie ? "

Il n’a pas plus tôt prononcé ces mots qu’un grand aigle blanc vient se poser à côté de lui et lui fait signe de monter sur son dos. Jonathan se précipite et se place à cheval sur le bel oiseau..

Là-haut, très haut dans le ciel, il a un peu peur, il a le vertige. L’aigle, lui, vole à toute allure : il traverse une mer, une forêt, une autre mer, une autre forêt. Finalement, épuisé, il vient se poser délicatement dans le jardin du château.

 

Et là, au milieu des herbes et des fleurs, devinez qui est là ! Devinez qui est bien content de voir Jonathan : c’est la Princesse Myriam ; elle vient de se réveiller et elle est sortie dans le jardin pour prendre l’air. Jonathan lui aussi est bien content..

Quelles histoires!!!

30/08/2007 15:25 par NORIA-PARENTALITE

  •                                          Quelles histoires!!!

    Quelles histoires!!!

    30/08/2007 15:25 par NORIA-PARENTALITE

                                                   Quelles histoires

J'arrivais donc le lundi avec mon panier où sommeillaient pêle-mêle la princesse Myriam, petite poupée rapportée par un ami d'un marché populaire de Capadocce, les deux chevaux indiens, le rouge et le gris, divers canards, la grenouille construite sur les conseils d'un livre pour enfants, le grand oiseau blanc, le bateau et Jonathan découpés tout trois dans le même contre plaqué ...Tous ces personnages et éléments finissaient par être connus des enfants et cela favorisait bien la compréhension. D'autant plus que l'histoire était toujours un itinéraire, une suite de rencontres ou d'aventures, et chacun pouvait à tout instant aller faire pipi, s'endormir, rêvasser, voire intervenir pour dire que lui aussi avait un nouveau chien - ou qu'il était monté dans le train avec sa maman, ou ... : ...........on se retrouvaient tous à l'épisode suivant....

Pourquoi les contes du lundi

30/08/2007 15:02 par NORIA-PARENTALITE

  •                         Pourquoi les contes du lundi

    Pourquoi les contes du lundi

    30/08/2007 15:02 par NORIA-PARENTALITE

Pourquoi les contes du lundi
Chaque lundi, sur le coup des 10 heures, j'allais à la crèche de Rochefort pour acccompagner Pauline, ma fille. L'idée m'est venue de rester là avec les enfants pour raconter des histoires aux plus grands, ceux de 2 ans et demi à 3 ans. La directrice accepta d'organiser les séances d'histoires du lundi et de me faire entrer dans l'emploi du temps: un groupe de 7 à 10 enfants, accompagné d'une éducatrice de la créche, pendant 30 à 45 minutes.
 

Myriam et Jonathan

30/08/2007 14:41 par NORIA-PARENTALITE

  •                                    Myriam et Jonathan

    Myriam et Jonathan

    30/08/2007 14:41 par NORIA-PARENTALITE

Jonathan et Myriam

 

 

Il était une fois une Princesse qui s’appelait Myriam et qui était belle comme la pleine lune. Si vous voulez bien m’écouter, je vais vous raconter son histoire.

 

Myriam habite dans un château non loin de Nîmes et voit souvent passer devant son portail les taureaux et les gardians à cheval. [ Chanson : À la Font de Nîmes]

Ses parents l’aiment beaucoup : ils lui donnent tout ce qui peut lui faire plaisir, un croissant, une brioche, des fleurs, une chanson…. Ils lui ont même fait cadeau de deux d’une volière remplie d’oiseaux bleus, verts et jaunes, d’un bassin plein de poissons de toutes les couleurs et de deux chevaux magnifiques, un rouge et un gris,. Elle a tout pour être heureuse, surtout quand Jonathan passe la voir.

Pourtant il arrive assez souvent à Myriam de ne pas être contente. Par exemple aujourd’hui, lundi, parce qu’elle n’a pas vu Jonathan depuis deux jours. Alors, elle grogne, donne des coups de pied aux pierres du chemin et dit des choses méchantes à ses animaux.

Tellement… que le petit cheval rouge se vexe et décide de quitter cette fille qui grogne tout le temps. Il part sur la grande route : tagada, tagada, tagada …

En cheminant, il rencontre une grosse mule grise et une jument verte : " voulez-vous venir avec moi là haut sur la montagne ?

- Ho que voui ! Nous nous ennuyons tellement, nous irons avec toi… " Et ils partent sur la grande route , tagada, tagada, tagada: le cheval rouge, la mule grise et la jument verte.

Plus loin, en cheminant, ils rencontrent un agneau et sa maman la brebis qui porte autour du coup une moyenne cloche: " voulez-vous venir avec nous là haut sur la montagne ? demande le petit cheval rouge

- mé, mé, mais je sais pas moi, dis l’agneau, je viens de naître et mes pattes sont encore fragiles,

- et toi, la brebis qu’en penses-tu ?

 

 

- Béhéé, béhéé !Bé, c’est à dire que j’hésite, il faut que je demande à mon mari le bélier, c’est le père de l’agneau. Mais, justement, le voilà qui arrive.

- Bèhhèè, c’est oui dit le bélier de sa voix très grave en faisant sonner son énorme clochette et en secouant ses grandes cornes enroulées.

Et ils partent sur la grande route, tagada, tagada, tagada : le cheval rouge, la mule grise, la jument verte, l’agneau, la brebis et le bélier.

Plus loin, en cheminant, ils rencontrent le canard : " viens-tu avec nous en haut de la montagne ?

- Ho, coën, coën, coin, coin, je ne sais pas, c’est loën, loin, où vous allez coën, coën et je n’aime guère ce coën ; allez, ça fait riën, coën, coën je viëns avec vous ".

Et ils partent sur la grande route, tagada, tagada, tagada : le cheval rouge, la mule grise, la jument verte, l’agneau, la brebis le bélier et le canard.

Plus loin, en cheminant, ils rencontrent la rivière (elle ne veut pas quitter son lit), le renard argenté, le loup, la cigale (ça agace quand elle chante), le castor, le soleil (on ne le veut pas car il risque de brûler tout le monde) ….

Et ils partent sur la grande route, tagada, tagada, tagada : le cheval rouge, la mule grise, la jument verte, l’agneau, la brebis le bélier et le canard, le renard argenté, le loup, la cigale et le castor.

Plus loin, en cheminant, ils rencontrent la fourmi : " veux-tu venir avec nous en haut de la montagne ?

- Oui, volontiers, petit cheval, à condition que tu me portes sur ton dos ".

Et ils partent sur la grande route, tagada, tagada, tagada : le cheval rouge, la mule grise, la jument verte, l’agneau, la brebis le bélier et le canard, le renard argenté, le loup, la cigale, le castor et la fourmi.

     

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En traversant une forêt, le petit cheval se fait piquer la joue : c’est la fourmi, [Chanson : " la coquine elle avait faim "]

Le cheval la gronde : " sers-toi de tes dents pour mordre dans les tomates ou pour porter les grains de blé ou de riz ! Mais pas pour me piquer. Si tu me pique encore, gare à toi ! On donne du riz à la fourmi et elle promet de ne plus recommencer.

 

Mais ça y est, ils sont arrivés en haut de la montagne : ils se retournent, ils voient le chemin là-bas loin et le château, ils voient la Princesse Myriam qui pleure parce qu’elle est toute seule.

Alors, ils reviennent doucement en papotant et la princesse est bien contente de revoir ses amis.... 

 

 

Ecole au Liban Sud

11/08/2007 15:04 par NORIA-PARENTALITE

    Pour relativiser la réflexion que je mène sur l'éducation,  j'ai voulu présenter d'autres situations que la nôtre, d'autres attitudes induites par ces sitations, un  monde autre ...et qui nous interpelle.

     D'abord, suite à l'espérience que j'ai vécue en novembre-décembre 2006 au Liban Sud, quelques mois après des bombardements et des tentatives d'invasions qui ont profondément marqué les coeurs, les consciences et les paysages, j'ai rapporté un témoignage diract : l'interview du directeur d'une  école de village qui accueillait quelque 1600 élèves de maternelle, primaire et collège.

    Je ne citerai que pour mémoire la fraternité avec laquelle j'ai été acccueilli par ces enseignants, ces gens du village et ces enfants en qui le danger, les pertes et les incertitudes de l'avenir avaient activé l'humanité , à un point que les larmes me viennent encore aux yeux quand je les évoque...

       'Education à l’École de K’leile, village du canton de Tyr, Liban Sud

          d'après l' Interview du Directeur Abdelkarim el Hassan   
 

Je connaissais le Liban et il y avait à Saïda des personnes, des maisons et de paisibles tombes qui m’était chères. Après les 33 jours d’enfer qu’a vécus le Liban Sud, je voulais tendre la main, à ma manière, modestement mais effectivement, à ces populations…

Le collectif avignonnais, à la suite de celui de Nîmes, avait collecté de l’argent pour l’école d’un village martyre qu’on nous avait indiquée, K’leilé : 250 logements détruits sur 800, l’exode des habitants pendant plus d’un mois, et les morts.

C’est ainsi, pour accompagner l’argent en quelque sorte, que je me suis retrouvé au village, à assister les enseignants de Français de l’école.

Dans cette école publique, j’ai trouvé un effort exemplaire pour que les enfants se sentent dans une structure éducative solide et rassurante, où l’autorité a encore cours, où on ose enseigner la dignité, la fraternité, la résistance, l’amour du sol et du pays. Cela, en conscience, afin de redonner confiance aux élèves que guette le découragement face à l’avenir incertain et aux menaces israéliennes de bombardements. Dans cette volonté de mes amis enseignants de donner aux enfants ce " soutien psychologique " et cet atmosphère d’éducation généreuse, j’ai vu une résistance effective contre le piège qui nous est tendu presque partout dans le monde : que nous devenions des individus isolés de nos fraternités et que, de l’humain multiple, nous soyons réduits à notre seule dimension économique .

                                                                                               Joseph Carret , Rochefort du Gard, décembre 2006

 

Interview d’AbdelKarim Hassan, Directeur de l’École

(cassette audio transcrite par Claire et Joseph Carret)

Joseph : Tu es le directeur de cette grande école. Comment cela se passe si un élève arrive en retard ?

Karim : Chaque jour, on a des élèves qui arrivent en retard. La plupart des élèves qui arrivent en retard sont ceux qui se transportent en bus. Ce n’est pas de leur faute. Parfois, si un bus a une panne de pneus, ou une panne mécanique, si c’est un peu loin du village, on fait une remarque au chauffeur. Quand on voit que ce sont des élèves de l’extérieur, on conclut qu’ils ont eu une panne de bus. Mais quand on voit que ce sont des élèves du village, on leur donne une remarque : il faut venir plus tôt à l’école, respecter le loi. Il faut les habituer à ne pas violer la loi et suivre les règles. À 8 heures moins 5, moins 10 la cloche va sonner. Il faut au moins être à l’école à 8 heures moins le quart. La plupart des élèves du village, il y en a qui arrivent en bus encore, l’école est un peu loin du village. Et il y a des élèves, parce qu’ils n’ont pas d’argent, ils arrivent à pied. Parfois, il y en a qui arrivent un peu tard. On leur dit : " il faut se réveiller un peu plus tôt pour ne pas arriver en retard ". Si ça se répète on leur adresse la deuxième remarque. Si ça se répète, on envoie appeler les parents. " Écoute, Madame, ton fils arrive je ne sais pas combien de fois en retard, il faut le réveiller plus tôt, il faut faire attention. Les 5mn ou les 10mn, oui, ce n’est pas important, mais l’important, c’est de l’habituer à respecter le loi. Si aujourd’hui il arrive à 8 heures, demain peut-être il va arriver à 8 heures ¼, et après-demain à 8 heures ½, et ainsi de suite, ce sera une habitude. De cette façon, on résous la plupart de nos problèmes des élèves qui arrivent en retard.

Joseph -. Et pour les indisciplines, s’ils se battent par exemple ?

Karim -. S’ils se battent ? La plupart des problèmes, on les résous après savoir qui a commis les fautes. Lui montrer que " tu as eu tors, que tu n’as pas bien fait ". S’il est d’accord, s’il est, disons, intelligent, il va dire " oui, j’ai commis une faute, je promets de ne pas recommencer " et la plupart des disputes se finissent par quelqu’un embrasse l’autre, il va lui demander pardon. Ça finit comme ça, à condition que si tu vas répéter le même comportement, tu vas être puni. Et il y a plusieurs sortes de punitions. Si les fautes se répètent et se répètent et se répètent, la troisième fois on fait appeler les parents pour les tenir au courant. Parfois, la deuxième fois on tire les …l’oreille pour dire " fais attention ". Parfois c’est moi : on m’envoie le gars. Je le tiens par les épaules, je lui dis " écoute, il ne faut pas faire ça " ; il dit " oui, c’est promis, c’est promis, pardon ! Ainsi de suite.". La plupart d’entre eux.

Mais ce qui apparaît cette année, c’est que les élèves ne sont pas à l’aise. Ils ont eu peur, ils ont passé plus d’un mois de guerre, de peur, de panique, de…il y en a beaucoup, quand ils sont revenus, qui ont constaté qu’ils ont perdu leur maison, la maison d’un de leurs voisins, la maison de l’un de ses parents. Il a su que X. , son voisin ou son ami était mort. On a perdu trois élèves de notre village, de notre école qui sont morts pendant les bombardements à Zekkin. Il y tant d’élèves qui pleuraient quand on parlait de ces élèves. On avait un élève qui a réussi aux examens officiels du Brevet, et on l’a perdu. Quand j’étais à Bansur, le village là où je suis allé m’abriter , j’ai entendu citer son nom, je me suis mis à pleurer. C’est l’un de mes élèves. Nos élèves ont beaucoup de problèmes. Dès qu’on est revenu, on a commencé à faire des activités, à expliquer à nos enfants que même quand on a eu des accidents, des morts, qu’on nous a détruit des maisons, on va les reconstruire. On nous a brûlés les champs, on va les replanter, on nous a détruit les écoles, on va les reconstruire et on va continuer, et on va continuer.

On a le droit de vivre. Vous avez le droit de vivre gaiement, tranquillement, en paix : Vous n’avez rien fait de mal. Notre ennemi est très méchant, mais il faut bien faire attention à vos études pour arriver un jour à savoir comment protéger votre pays, comment le défendre, comment rendre votre société plus moderne et plus éduquée, et ainsi de suite... Mais on a beaucoup de problèmes. Chaques jour on voit des disputes entre les enfants, et c’est à mon avis quelque chose qui est basé sur leur état d’âme : ils ne sont pas à l’aise, ils ont beaucoup de problèmes.

Joseph-. Tu diriges l’école... Tu recherches beaucoup les interventions d’organisations françaises, suisses, d’Arabie Saoudite,…oui ?

Karim-. Oui, le rôle de l’école, Joseph, c’est pas de fournir des renseignements, d’expliquer des leçons et de corriger des devoirs, l’école c’est là où on fabrique un homme, non pas la fabrication physiologique, mais la fabrication de la personnalité, la formation, l’éducation, l’apprentissage … préparer les jeunes et les petits à être un homme ou une femme ayant un rôle, aidant les autres, qui accepte les autres même si on est différent, capable de dialoguer avec les autres, de s’occuper des pauvres , de s’occuper de l’orphelin, d’agir d’une façon basée sur la morale… préparer un homme capable, et digne, de vivre, et non pas un enfant ou un homme qui sait lire et qui sait écrire.

Si c’est seulement le rôle de l’école d’apprendre à lire et écrire, on peut utiliser un ordinateur et ne pas venir à l’école. Si c’est pour les renseignements, si c’est disons, des matières à apprendre, il y a des sources plus riches que l’école ; on a l’encyclopédie par exemple : on peut mettre un enfant devant une encyclopédie et qu’il cherche.

Mais s’il ne vient pas à l‘école, il ne va pas être en contact avec la loi, la discipline, avec les enfants, avec les enseignants, avec le Directeur, avec les parents, …À l’école, il va faire des activités, accomplir un rôle, travailler en groupe ; ça veut dire qu’ici à l’école on prépare un homme qui sait ce que veut dire la vie sociale, un homme qui ne peut pas vivre seul, un homme qui est sûr qu’il a besoin des autres, que les autres ont besoin de lui, un homme qui est obligé de vivre en accord avec toutes les variétés de gens. On lui montre X est bon et Y est méchant .Il faut savoir, il y a le bon et le mal. Il y a ce qui est vrai et il y a ce qui est faux. Si on reste à la maison devant une machine, ou un appareil disons, même moderne, les enfants vont se comporter comme des robots. Nous on veut …[la préposée nous propose un café] on veut l’efficacité alors, les relations sociales, les relations entre les élèves. Il y a chez moi des enfants, j’ai eu des problèmes avec eux, des enfants qui venaient de plusieurs villages et ils se regroupaient toujours par village. Je les ai habitué, je leur disais :" l’enfant qui est venu de Napoura, ou l’enfant qui est venu de Tarhafa, ou l’enfant qui est venu de Derhanoun ou de K’leile, c’est votre frère, il faut faire des liens avec lui, il faut que tu l’acceptes. Et lui , il va t’accepter tel que tu es. Vous devez vivre ensemble ".

L’école, c’est préparer un citoyen, et même à l’école, par le comportement, on leur apprend ce que veut dire la vie civile. Qu’est ce que l’élévation , l’éducation ? Comment peut-on élever, comment donner un rôle à un enfant ? On fait des activités et on a des élèves qui parlent , qui discutent et qui préparent des activités. On fait une sorte de formation, d’entraînement : comment partager le travail…et ils vont voir ce que vous avez vu, comment on a ordonné la salle pour recevoir des invités à l’écoles : on a fait une soirée, les élèves aident, ont mis la main, ils ont apporté les chaises. Si vous y allez maintenant, vous ne voyez plus de chaises . Ils apprennent comment se regrouper et distribuer les rôles afin d’accomplir une tâche. Comment respecter les autres et ainsi de suite. On prépare les enfants à la vie.

Joseph -. Et combien d’associations pour t’aider à faire ça ?

Karim-. Moi, je suis en accord avec toutes les associations . Chaque jour, mais surtout après la guerre – avant la guerre, c’était un peu difficile, il fallait chercher – après la guerre, il y a beaucoup d’associations qui viennent. Chaque jour, une , deux ou trois associations

Mais j’ai remarqué que des associations sont venues pour prendre des photos. À ces associations, je leur disais " Ce n’est pas ici que vous pouvez prendre des photos. Vous êtes venus, vous voulez travaillez ? Allez-y ! Mais sous prétexte qu’on n’a pas de budget, qu’on n’a pas disons d’animateurs, alors pas d’action… Je leur dis : " Qui vous a obligés à venir ici? Si vous êtes venus pour prendre des photos, dites le moi, mais vous me dites que vous êtes venu nous aider , et aider les enfants après la guerre, et je ne sais pas quoi " .Et on parle et on parle. Moi, je veux pas les paroles, je veux les faits : " qu’est-ce que vous voulez faire ? ". Lundi, il y a un monsieur qui est venu de l’association Nabat. Il a été obligé de revenir …À cause des Saoudiens, qui sont venus pour présenter … vous avez vu ce qu’ils ont présenté aux enfants : un dentifrice et une brosse à dents. Quand même, ils sont venus faire quelque chose, moi, je suis d’accord. Et ils ont donné à nos enfants des stickers pour se brosser les dents trois fois par jour, moi, je suis d’accord, il peuvent faire encore plus, mais ils sont venus donner n’importe quoi, je suis d’accord. Ce monsieur de l’association Nabat est venu me dire que les Tchéquiens et l’ambassadeur de l’Espagne vont venir à l‘école le lundi à 11 heures pour proposer des activités en concordance avec l’école : la municipalité, l’associations Nabat, les Tchéquiens et les Espagnols, moi je suis d’accord. Mais si on veut seulement prendre des photos, non ! Vous avez vu, on a pris des photos, moi, je suis d’accord, parce qu’ils ont fait quelque chose ils ont le droit de prendre des photos. Mais, prendre des photos et s’en aller , ça sert à quoi ? Quel est l’intérêt de votre visite ? C’est pas l’intérêt pour moi-même, moi, je ne veux rien : quelques années encore et je quitte cette école pour prendre ma retraite. Mais si quelqu’un vient à l’école je veux savoir pourquoi il vient , sous quel titre, quel est son objectif . Si ça va avec l’école, avec la culture, avec l’éducation de l’école, moi je suis d’accord.

Souvent, je contacte le chef des municipalités regroupées de Tyr : si j’ai besoin de quelque chose, je le contacte, je prends rendez-vous et je vais porter plainte. Je lui dis : " Écoute, Mr Aouzat – je te l’ai présenté , Joseph - … ".Et il m’a promis : " Chaque fois que vous avez un problème, venez me le dire. Si je peux aider ces élèves et cette école, je suis prêt ".Travailler avec les associations, ça veut dire au villageois et aux élèves, et aux parents qu’on est des frères. Dans telle ou telle association, on est des frères, et ce n’est pas une devise, c’est une devise à pratiquer.

Joseph -. Tu peux me dire s’il y a quelque chose de spécial pour l’éducation des filles, par exemple sur la maternité , les problèmes de la jeune fille ?

Karim -. Oui ! J’ai compris la question. Écoute, Joseph, parmi les surveillants et les enseignants, j’ai donné une mission à quelques enseignant(e)s spécialisées en psychologie et en sociologie. Je leur ai demandé de prendre soin des filles. Il ne faut pas oublier encore qu’en EB5 (CM2) et EB6 (6°), dans une matière qui s’appelle la Science, on explique aux enfants ce que veut dire femme, ce que veut dire homme, quels sont les caractères physiologiques de l’homme, de la femme et on fait comprendre aux garçons et aux filles – c’est une école mixte- comment il faut faire attention à leur propreté... Quels sont les changements, quelle est la différence, quels sont les changements que va avoir la fille, et on fait des… comment dire…, on appelle quelqu’un de spécialiste, on regroupe les filles et on leur parle de leurs règles, des changements physiologiques, comment il faut faire attention. Parfois, on regroupe les mères. Il y a des mères qui ne savent pas comment se comporter avec une fille qui est en train de dépasser l’âge de la puberté. Ça se passe très bien et on a des filles en EB5, en EB6, et en EB7 encore , qui , devant n’importe quel problème qui les inquiète, vont venir chez Aïda, chez Wafa, ou chez d’autres enseignants chargés de cette mission et, ensemble, elles vont trouver des solutions. Il y a même des filles, c’est la première fois qu’elles ont leurs règles et elles ont mal, Whallah RhaÏda s’occupe d’elles, leur donne des médicaments, leur donne les soins nécessaires . On fait en sorte de s’occuper de la culture de la fille, de ce que sera son rôle : un jour tu vas être maman, tu vas faire naître des enfants.

Joseph - Et les dames du GREF s’occupaient de ça ?

Karim - . Non ! Les gens du GREF, ils n’ont pas le droit même. C’est pas qu’ils n’ont pas le droit , ce n’est pas leur message. Leur message, c’est de travailler sur l’amélioration de la langue française. Elles n’interviennent pas dans des problèmes autres.

Joseph - Merci, Monsieur AbdelKarim

Karim - Merci a vous Joseph. Je suis heureux parce que j’ai eu la chance d’avoir un nouveau frère, que je ne le connaissais pas ça fait 15 jours, mais ça se voit. La bonté c’est quelque chose qu’on peut voir, parfois on risque de dire, ce monsieur est bon, ce monsieur est méchant, et ainsi de suite, alors j’avoue que j’ai remarqué que tu es un ami très fidèle et très intelligent. J’ai le plaisir de vous citer parmi les membres de ma famille. J’ai senti que, pour tant que tu es plus âgé que moi, j’ai eu le sentiment que je suis le frère aîné de Joseph alors je dois m’occuper de lui, je dois bien faire attention, Yanneh , je veux savoir s’il y a des problèmes, s’il est content, c’est quelque chose qui m’importe beaucoup

Joseph - Tu as vu que j’étais content ?

Karim - Oui, on est d’accord. L’important, Joseph, c’est rare parfois, on risque de voir des gens qui ont des lois, qui respectent les principes, qui aiment les autres, qui aiment donner. Parfois, je vous l’ai dit , les gens qui aiment donner, vous êtes obligé de les respecter. Il y a beaucoup de gens qui aiment donner, mais parfois, à cause des circonstances, ou à cause de l’économie, peut-être, ils disent: " moi, j’aime donner mais je n’ai rien à donner ". Alors, que tu peux donner un mot. Tu n’as rien à me donner, alors, présente moi une rose. Ça ne sert à rien, oui, mais ça va me rafraîchir. Mais si on dit " combien coûte cette rose ? Beaucoup de millions, mais parce que je suis capable de te présenter une rose, je suis pas capable de te présenter un vase, je te dis au moins merci, je te dis bonjour, c’est ce que je peux faire. C’est pas l’efficacité, c’est le pouvoir que j’ai, je peux faire ça, si je le fais je suis très content. Si je peux pas le faire, mais à cause de quoi ? l’amour de moi-même ? l’égoïsme ? Je ne veux pas donner ? Je n’ose pas donner ? Pourquoi ? Peut-être de la peur, de l’avarice ? Pourquoi lui donner à manger ? Qu’il travaille, lui ! Mais il travaille, mais n’a pas à manger ….

[la sonnerie retentit : la porte s’ouvre et de très nombreuses demandes d’enfants et d’adultes viennent aussitôt assaillir le maître et arrêter l’interview ]