moyen de (se) connaître : la métaphore
27/07/2007 07:34 par NORIA-PARENTALITE
Atelier MÉTAPHORES avec Paule Ducournau
[ Atelier du Stage du Théâtre de l’Opprimé à Saint-Michel l’Observatoire du 3 au 8 juillet, sur le thème :
se connaître en profondeur et connaître l’autre ] :
Jeudi matin 10 heures :Deux groupes de 7 personnes : nous travaillons avec Paule.
Un tour d’échauffement :: une métaphore chacun pour signifier la vie ( Pour moi, à ce moment là ,ce sera : un nid où des oisillons piaillent et désirent )
Ensuite, chacun une photo (je choisis la carte postale d’un massif rocheux couvert de neige).
Paule distribue des fiches où figurent des questions de plus en plus précises (plusieurs par fiches) qui demandent:
c’est quoi ?
c’est où ?
c’est quand ?
ça ressemble, fait penser à quoi, quelle métaphore ?
c’est où exactement ?
C’est quand exactement ?
Et maintenant qu’est-ce que tu aimerais qu’il se passe ?
Une personne A est interrogée par son voisin B et décrit la photo : c’est quoi ? certains voient des fruits, du givre, un rocher, des sillons creux et leur monticule, des herbes folles, ….
La personne C va poser ses questions mais peut rebondir sur l’ensemble de la description, sur un élément, sur un mot : " dormir " c’est où ? " creux ", c’est quand ? et ça ressemble à quoi ?
La personne D va poser ses questions en se saisissant de l’élément qui lui semble le plus riche, le plus énigmatique…
La personne E, puis F, puis G feront de même.
Ensuite, après avoir tourné les 6 fiches, on fera de même pour B
( Dans mon paysage j’imagine : vallée enneigée , fragilité et solidarité ; danger, la sécheresse et l’enfermement, comme dans un saloir à charcutaille, on espère que tombera une neige douce ;…, fragilité et solidarité, où exactement ? dans la chambre où l’on dort et où l’on baise….ce que j’espère qu’il va se passer maintenant ? l’enfant )
Remaques.
*chacun fait un beau voyage où les émotions sont suscitées et enchantées par les métaphores.
* le langage ( tous les langages : réalistes, baba , pseudo poétiques ou ésotérique…) est très précieux pour aller au delà des évidences et réalités qui habituellement s’imposent "dans les choses".
* c’est curieux comme ma voisine, celle qui me précède, dit souvent les mots ou les questions que j’avais au bout de la langue.
conflits: théâtre de l'Opprimé
27/07/2007 07:31 par NORIA-PARENTALITE
Théâtre de l’Opprimé
On m'en a fait la remarque: Pourquoi mettre cette section sur le Théâtre de l'Opprimé dans ce blog sur l'éducation? ... parce que éduquer c'est aussi apprendre à l'enfant à trouver son attitude et sa parole dans les CONFLITS, pour qu'il ne reste pas "sans voix" dans les situations d'injustice et d'oppression, qu'il ne soit pas automatiquement ramené pieds et poings liés au consensus qui l'écrase, à la pensée unique dominante, à la "justification" souvent très matérialiste de l'adulte. Avec, pour seule issue , de remâcher dans sa tête, jusqu'à l'autisme, de "bonnes raisons" ou des rêves de "scénarios" où il serait "à son avantage" mais qui ne le convaincront même pas lui-même, car il ne les aura pas éprouvées dans le débat ni confrontées aux possibilités réelles qu'offre la situation.
Théâtre de l’Opprimé.
Conférence, avant un atelier-théâtre, de Sanjoy Ganguli, fondateur du Jana Sanskriti ( mouvement qui réunit 4 000 acteurs et actrices en Inde) , initiateur depuis 2006 de la Fédération Indienne du Théâtre de l’Opprimé, militant à l’Association pour les " human rights ", participe en 2005 à la manifestation de 12 000 personnes pour le droit à la culture …Plus proche de nous, animateur du stage du 3 au 8 juillet au " Plus beau théâtre du Monde " à Saint Michel l’Observatoire. Pour parfaire la dimension internationale du stage proposé, la traduction de l’Anglais en Français – et parfois les commentaires - étaient assurés par Julian Boal, fils d’Auguste Boal, fondateur brésilien du Théâtre de l’Opprimé... Nous avions de la chance !
Le théâtre de l’Opprimé est un théâtre révolutionnaire qui offre des techniques, des outils, pour changer la réalité, changer la société, lutter contre les oppressions, dans les pays où ces oppressions sont criantes - et aussi, là où elles le sont moins. Et cela , avec optimisme.
En Europe, on accepte l’oppression avec cynisme et on a du mal à parler de son oppression extérieure ou intérieure, chacun espérant pouvoir tirer son épingle du jeu : on a " tout ce qu’il nous faut ", on a une indépendance –dans nos frontières, dans nos limites, dans nos barrières -, une indépendance qu’on appelle " liberté ". En fait, on vit dans un individualisme à partir duquel on ne peut guère créer de liens, créer de relations. Or la liberté ne peut exister que dans la relation. (1)
Dans le Théâtre de l’Opprimé (2), c’est dans la relation avec le spectateur que l’acteur crée du pouvoir, car le spectateur, même s’il est le foyer de toutes sorte de fragilités, est aussi plein de savoirs et plein de pouvoirs en puissance.
Mais comment construire la relation, sans aliéner l’autre, sans hiérarchie ?
Il faut d’abord comprendre que l’autre est plusieurs, qu’il est multiple : Sanjoy n’est pas seulement chef de stage et Hélène pas seulement cuisinière...
- Pour cela, il faut parler de la tête et du cœur en même temps ; en cela l’usage des métaphores est d’un secours précieux (3).
- Dans le travail de théâtre proprement dit, Sanjoy nous propose plusieurs outils (4)
- Au théâtre, selon les mots de Sanjoy, il faut chercher à donner, pour éveiller les autres – ça, c’est de la politique - et à prendre, pour découvrir chez nous ce qui vibre – ça c’est de la spiritualité –" spirituality "-, sans religion ni mysticisme, ce qui peut aider notre humanité à fleurir.
Et Sanjoy nous raconte l’histoire de Maria : Maria est une femme de ménage qui fait du Th.de l’Opprimé à Rio de Janeiro. Un jour, elle joue devant un grand public. Après le spectacle, elle se met à pleurer et personne n’arrive à la consoler : elle a bien tenu son rôle, la séance a bien marché, les spectateurs étaient nombreux. Alors, pourquoi ces pleurs ? Parce que d’habitude, dans mon travail, je ne suis qu’une domestique et il ne faut pas qu’on me voit ; aujourd’hui, j’ai été visible et je me suis rendu compte que j’étais un être humain et pas seulement une servante. Son travail sur elle, de spiritualité, est allé de pair avec son travail politique : parler aux autres.
Sanjoy poursuit : j’ai la liberté si je fais partie d’un collectif avec mes différences. Mais le système actuel, la globalisation, tend à créer l’uniformisation. Plus de thèse, antithèse mais une espèce de "religion" où on ne doit rien changer, où la vérité est une et éternelle.
Autre exemple :dans un forum, il y a eu le cas d’une fiancée dont les parents avaient choisi le garçon pour elle. On a montré l’oppression mais le problème était moins de savoir si cette jeune femme épouserait ou non le jeune homme que de savoir et de dénoncer pourquoi le système permet cela.
Dans le monde, il y a pour la terre beaucoup de luttes dans lesquelles les paysans peuvent se renforcer grâce au Théâtre de l’Opprimé.
Sur la question de l’éducation, Sonjay a été un peu rapide à mon goût : on met les enfants en situation de conflit et c’est à chacun de trouver les voies de sa libération…
Ma conclusion
Parce qu’il a appris à connaître l’autres, qu’il a découvert à quelles couches de ses fragilités et de ses besoins d’humanité il peut s’adresser, parce qu’il se connaît lui-même et qu’il a découvert quelles parties de lui-même, quelles émotions, il peut mettre en œuvre pour agir et pour se lier à ses frères, parce qu’il connaît la situation, avec les ouvertures qu’elles autorisent, et qu’il peut faire partager cela aux autres, l’opprimé peut agir contre l’oppression. Même dans les cas extrêmes ?
Certaines situations d’oppression extrêmes se résolvent en général par la violence. Comme c'est le cas dans les Camps de Réfugiés Palestiniens, par exemple, celui de Tyr au Liban Sud ou celui d’Aïda près de Bethléem en Cisjordanie . D’un côté, alors qu’il est lui-même tétanisé, coincé au dernier sous-sol de la peur et de la tragédie, un oppresseur qui continue à tout miser sur la force et qui , en sophistiquant les procédés et en " planifiant " ses interventions tend à durcir son oppression sous pretexte de se défendre et de " conserver ses acquits ", En face, un opprimé qui tend à durcir ses positions pour essayer de sauvegarder son identité –clanique, religieuses, …- et qui n’a que des actes de désespoir pour répondre à la violence et résister. Comment sortir de cette épreuve de force ?
Même dans ces situations, le théâtre de l’Opprimé peut se fixer un programme, chercher les failles où il pourra introduire le levier de l’écoute et de la négociation : je pense aux israéliens qui parmi ceux de Tayouch, ou des femmes en Noir ou des Refuzniksont abandonné l’idéologie du sionisme impérialiste et oeuvrent à la paix . Je pense aux Palestiniens courageux qui n’ont pas rêvé d’un lendemain de revanche ni cédé aux promesses faciles, celle du libéralisme à l'américaine ou celle d’un paradis automatiquement acquis par quelques grestes rituels, je pense à Abdel, l’animateur du Camp d’Aïda, à Karim, directeur d’école au Liban Sud, à ceux du PARC et à tant d’autres…
A l’autre extrême, c’est nous , " en Occident " nous qui ne sommes pas occupés comme en Amérique du Sud, en Inde ou ailleurs à lutter pour notre survie physique. Chez nous, l’oppression avance masquée et toute action qui la conteste est passible de répression – douce ou violente, policière ou psychiâtrique – jusqu’au retour à LA"civilisation", à son mode de vie convenu, à son consensus et à ses dogmes indiscutables. Là aussi, même si l’oppression est embrouillée, peu lisible, - car l’opprimé est bien souvent ,et plus qu’ailleurs (5), un oppresseur, le théâtre de l’opprimé peut agir.
(1)[……Cette assertion est aussi un des fondement de la philosophie d’un autre sud-américain, l’homme des sans-voix, Miguel Benasayag [Cf..Les passions tristes, Souffrance psychique et crise sociale, Miguel Benasayag et Gérard Schmit, la découverte Poche, Paris 2003-2006 et aussi " w.w.w.editionladecouverte.fr "……………………….
(2) [ Remarque : bien que Sanjoy n’en ait pas parlé, le Théâtre de l’Opprimé diffère assez de la Thérapie Sociale de Charles Rojzman qui , s’il critique les institutions qui pèsent sur les individus, reconnaît que les conflits sont inhérents et indispensables à la vie en société : pour sortir d’un conflit, les deux partis doivent préalablement travailler jusqu’à trouver le " plus petit bien commun " .Cf. Charles Rojzman Savoir vivre ensemble : Agir autrement contre le racisme et la: La Peur, la haine et la démocratie. ….Et ses travaux sur la non-violence ]
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(4) Voir ci-dessous l’article spécial Techniques du T.O…Il est à noter que certains utilisent ces techniques et outils dans un autre but que pour se libérer d’une oppression : c’est un détournement …
(5) Ne serait ce que par le profit que nous avons tiré et tirons du colonialisme, de la situation de la femme , de celle de l’enfant, …….
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Spécial-Techniques-Outilsdu THÉÄTRE DE L’OPPRIMÉ
FORUM DANSE et ATELIER VOIX
Marche-serpent et arrêt sur image sans et avec connection
Les 45 personnes marchent en serpentant, consigne occuper tout l’espace : sur un Klap de Sanjoy, on arrête tout mouvement, c’est Arrêt sur Image (ArImage) ; on se remet en marche.
En trois groupes : un d’acteurs, deux de spectateurs :On marche. Sur un Klap, on se connecte en donnant la main à quelqu’un.
On marche : Klap, ArrImage1
On Marche Klap on se connecte Klap ArrImage 2 ……….[bis]
Les spectateurs donnent un titre aux Images chorégraphiques produites
Se présenter par un geste
Les 45 personnes en cercle. Chacun se présente par un geste anodin : geste vengeur du poing, joueur de tennis, buveur, pirouette, …moi, c’est laveur de vitre.
Séparé en 2 groupes, on apprend le geste de tous les autre jusqu’à pouvoir les reproduire tous, même quand on change de place dans le demi cercle; une fois qu’on a mémorisé , tous ensemble, on présente la séquence complète de tous les gestes à l’autre groupe, arrêtés puis en marchant. Quand Sonjay Klape : ArrImage. On obtient des images très théâtre-danse
Aveugle et guide ( cercle - trois groupes - par deux)
Le guide , yeux ouverts, dirige l’aveugle en l’appelant : marche
A la fin, les guides placent tous les aveugles au centre : toujours les yeux fermés, ils se connectent en se donnant la main et ArrImage
Les guides observent et vont reproduire la même image de groupe que celle que constituent les aveugles .
Chaque aveugle, toujours les yeux fermés, va chercher parmi les guide celui qui le représente (moi, baissé, une main sur un dos) : quand il a trouvé, il ouvre les yeux.
Le nœud ( tous, on se donne la main)
Sonjay guide le premier pour nouer la ronde : ensuite, il faut défaire le nœud.
Variante : les yeux fermés, on se connecte en prenant une main droite et une main gauche ….
Ensuite, dire par une attitude corporelle comment on a vécu le noeud : ArrImage . Sanjoy regroupe par 4 ou 5 les images : les coincés, les cholériques– plus ou moins dans la parodie -, la dérision, le calme ( pour moi, c’est : " ce n’est qu’un jeu ! " ).
Ensuite, on se présente, chacun faisant son geste … et en prononçant un mot ou une phrase.
Et si on était …des animaux
En cercle, par deux , on choisit un cri d’animal ; on marche ; on doit retrouver notre parte-naire, les yeux fermés , en le reconnaissant à son cri. Francesca la tourterelle et moi l’âne.
Dans la préparation de la scène, quand chacun a déjà un rôle : on le joue
* en choisissant d’être un animal ( fils-chien ; sœur-singe, banquier-éléphant…)
*en formulant à voix haute ses monologues intérieurs
* avec Arrêts sur Image
Forum danse avec le groupe d’Aix : on entre dans la chorégraphie sur la musique, en harmonie, ou en conflit en faisant sortir celui avec qui on est en désaccord.
avec le groupe d’Aix : on entre dans la chorégraphie sur la musique, en harmonie, ou en conflit en faisant sortir celui avec qui on est en désaccord.
Atelier VOIX avec Élizabeth : on cherche sa (ses) voix –haute,basse,….on essaie de rencontrer, de près ou de loin, en harmonie ou en conflit, celle(s) de l’autre…puis des autres.
avec Élizabeth : on cherche sa (ses) voix –haute,basse,….on essaie de rencontrer, de près ou de loin, en harmonie ou en conflit, celle(s) de l’autre…puis des autres.avec le groupe d’Aix : on entre dans la chorégraphie sur la musique, en harmonie, ou en conflit en faisant sortir celui avec qui on est en désaccord.avec Élizabeth : on cherche sa (ses) voix –haute,basse,….on essaie de rencontrer, de près ou de loin, en harmonie ou en conflit, celle(s) de l’autre…puis des autres.
Pourquoi j'ai ouvert ce blog ...
24/07/2007 15:19 par NORIA-PARENTALITE
à Rochefort, ce mardi 24 juillet 2007
Il y a un certain temps que, dans le cadre de l'écriture, cette "trace compagne", comme je l'appelle, je veux joindre deux démarches.
D''une part remettre dans le courant toutes les sources, petites et plus grandes, que j'ai pu trouver dans l'expérience, dans les échanges ou dans les livres, à propos de l'éducation de nos enfants : pour moi, actuellement, mes enfants ce sont les trois grands - déjà depuis longtemps des adultes -, Pauline mon petit soleil et le bébé qui va naître en novembre, sans compter les rencontres que j'ai pu faire d'élèves de Collège et de Lycée dont les feed-back me reviennent parfois encore maintenant sous formes tellement humaines, sans compter les découvertes que j'espère bien faire encore dans mon travail de retraité enseignant.
D'autre part, faire cela avec d'autres, sous le regard des autres, en interactivité avec d'autres - même si je continue quant à moi l'espèce de journal qu'il m'arrive de tenir- même si je suis parfois tenté d'enfermer dans des livres clos et arrêtés les frémissements d'une même floraison poétique ou les bulles de savoir qui ont fini par jaillir à force de considérer un objet ou une question.
Faire et réfléchir avec d'autres, car je suis persuadé que l'éducation, autant et plus que tout autre activité humaine, ne peut rester une pratique individuelle, ni même familiale . D'abords, à cause de la difficulté à trouver des solutions - et pour cela, on n'est pas trop d'être plusieurs, pères, mères, frères , soeurs, tierces personnes diverses . Et aussi parce que l'éducation est dédiée à des être qui, sauf aberration sociale, pédagogique ou politique, ne vivent pas seuls, ne sont pas faits pour vivre seuls et ne peuvent répondre seuls aux questions que la vie leur pose. Seuls , ils ne pourront jamais que faire l'inventaire de leur solitude: si cette bicyclette, ce papa, ce pain au chocolat n'est bien qu'à moi, si je suis assez fort pour maîtriser le temps, l'espace, ma carrière, mon destin,...si je suis autonome, indépendant, capable de me passer des autres et de savoir jusqu'à quel point je peux les dominer et les faire marcher - au pas. Par contre, avec d'autres, vers qui leur fragilité aura tissé des liens, ils pourront affronter les questoions fondamentales qui les sollicitent : l'amour, la création, le plaisir, le savoir, mais aussi les conflits, la douleur, la maladie, la mort, et la paix, et l'avenir, et aussi l''écologie..... Je crois qu'il en va de même pour nous, les "grands" qui voulons essayer d'aménager de notre mieux la terre de nos enfants : ne pas rester seuls dans nos certitudes et incertitudes...
